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Analyses

Facturation nette au Nigeria : ce que la réglementation de 2026 implique pour les sites commerciaux et industriels

Samih Kalakeche · 28 septembre 2026 · Lecture : 5 min

Cet article est une traduction de l’original anglais, qui prévaut en cas de divergence.

Les Net Billing Regulations 2026 offrent aux consommateurs commerciaux et industriels raccordés au réseau et équipés d’installations solaires une voie formelle pour injecter leur surplus d’énergie auprès de leur compagnie de distribution en échange de crédits sur facture. La valeur de ces crédits, et les conditions qui s’y attachent, devraient orienter la manière dont un site dimensionne et configure son installation.

Ce qu’établit la réglementation

La Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC) a publié les Net Billing Regulations 2026 (règlement n° NERC-R-002-2026) et annoncé leur entrée en vigueur le 3 juin 2026. Elles définissent un cadre standard pour le raccordement à un réseau de distribution des installations renouvelables situées chez le client et pour l’imputation de l’énergie injectée sur la facture d’électricité du client. Un client disposant d’un dispositif mis en service est désigné comme prosommateur (prosumer).

Dans sa version publiée, le cadre ne s’applique qu’au solaire. La réglementation précise que le petit éolien et la petite hydroélectricité pourront être ajoutés lorsque la NERC aura publié les normes techniques correspondantes et une annexe mise à jour.

Éligibilité et limites de puissance

La réglementation s’applique aux installations d’une puissance installée d’au moins 50 kWc et n’excédant pas 1,5 MWc par usager. Dans cette plage, plusieurs limites supplémentaires s’appliquent :

  • La capacité d’injection approuvée ne peut dépasser 120 % de l’Eligible Load Demand du client, définie comme la demande maximale mensuelle moyenne la plus élevée sur les 12 mois précédant le dépôt du dossier ou, lorsque la demande maximale n’est pas enregistrée, la puissance souscrite.
  • Une compagnie de distribution peut approuver une capacité supérieure lorsque le client démontre une croissance de charge vérifiable et imminente, dans la limite de la demande prévue à 24 mois.
  • La limite porte sur la capacité d’injection en courant alternatif correspondant à la puissance nominale des onduleurs. Le champ en courant continu peut être plus important, à condition que l’injection soit limitée par des réglages certifiés des onduleurs ou par un dispositif de contrôle de l’injection.
  • L’injection cumulée des prosommateurs sur un même équipement de réseau à 0,4 kV, 11 kV ou 33 kV ne peut dépasser 30 % de la charge moyenne de cet équipement, et les raccordements sont accordés selon l’ordre d’arrivée des demandes, sous réserve de faisabilité technique.

Le plafond au niveau du départ est déterminant : les sites situés sur des départs comptant déjà plusieurs prosommateurs peuvent voir leur injection limitée, quelle que soit leur propre charge.

Valorisation de l’énergie injectée

L’énergie soutirée continue d’être facturée au tarif de détail applicable. L’énergie injectée est créditée à un tarif d’injection (Export Tariff) que la NERC calcule à partir du coût évité livré (Avoided Cost Delivered), lui-même construit à partir des composantes de coût de production et de transport figurant dans le Multi-Year Tariff Order de la compagnie de distribution, corrigées des pertes de transport. Un coefficient de tarif d’injection (Export Tariff Factor) est ensuite appliqué : 0,55 pour les injections hors pointe et 0,75 pour les injections en période de pointe, que la réglementation définit comme la plage de 18 h à 21 h. Lorsque le tarif d’injection hors pointe calculé est égal ou supérieur au tarif de détail du prosommateur, il est plafonné par référence à ce tarif de détail.

Le coefficient de pointe n’est applicable que si l’installation comprend une batterie vérifiée par la Nigerian Electricity Management Services Agency (NEMSA), dont la capacité utile équivaut à au moins deux heures de fonctionnement à une puissance égale à 50 % de la puissance solaire installée. Les installations dépourvues de batterie éligible sont réglées au tarif hors pointe pour l’ensemble de leurs injections. Il en va de même pour toute installation mise en service à titre provisoire avec un compteur bidirectionnel standard avant qu’un compteur horosaisonnier soit disponible ; la compagnie de distribution doit alors remplacer le compteur dans un délai de 12 mois.

Des crédits, et non des paiements

Les crédits sont calculés en naira et imputés uniquement sur la facture mensuelle de soutirage. Lorsque les crédits dépassent la facture, le solde est reporté, mais la réglementation précise qu’aucun paiement en numéraire n’est versé au prosommateur, sauf disposition expresse contraire. Le crédit reporté est apuré à la date anniversaire du raccordement, et la compagnie de distribution doit notifier par écrit l’expiration d’un solde au moins 30 jours à l’avance. Les crédits sont transférés avec les locaux à un nouvel occupant, mais s’éteignent si l’installation est déplacée.

La NERC doit réexaminer les paramètres de règlement au moins tous les 12 mois, ou plus tôt si le coût évité varie de plus de 20 %. Les paramètres en vigueur à la signature de la convention restent fixes pendant au moins 12 mois à compter du raccordement. Au-delà, la valeur de l’énergie injectée évoluera avec les tarifs réglementés.

Procédure et délais

La procédure fait intervenir la compagnie de distribution, la NERC et la NEMSA, avec des délais réglementaires exprimés en jours ouvrés :

  • Rapport de faisabilité technique de la compagnie de distribution dans les 15 jours suivant le dépôt d’un dossier complet.
  • Signature du Net Billing Agreement dans les 5 jours suivant ce rapport, puis enregistrement auprès de la NERC, qui délivre un certificat dans les 10 jours.
  • Paiement des frais de raccordement dans les 15 jours, ou 30 jours lorsqu’un renforcement est nécessaire ; travaux d’interconnexion achevés dans les 30 jours, ou 120 jours en cas de renforcement important à 11 kV ou 33 kV.
  • Inspection de la NEMSA dans les 10 jours suivant la demande, et mise en service par la compagnie de distribution dans les 3 jours suivant une demande complète.

Les frais de raccordement suivent une méthodologie approuvée par la NERC et sont publiés par chaque compagnie de distribution. Le demandeur supporte également les coûts d’interconnexion jusqu’au point de raccordement.

Conséquences pour les sites commerciaux et industriels

Pour la plupart des sites, l’autoconsommation restera plus avantageuse que l’injection, car l’énergie injectée est créditée à une fraction du coût évité et non au tarif de détail. Il est préférable de considérer la facturation nette comme un moyen de valoriser un surplus inévitable, par exemple la production des week-ends ou des jours fériés, plutôt que comme une raison de surdimensionner l’installation. Le modèle de convention annexé à la réglementation prévoit que le prosommateur est propriétaire de l’installation située dans ses locaux ; les sites qui envisagent une location ou un modèle de tiers-investissement devraient donc se faire conseiller sur la manière dont cette exigence s’applique à eux.

Un conseiller indépendant peut modéliser l’autoconsommation et l’injection selon les mécanismes tarifaires publiés et vérifier si une configuration proposée, y compris une éventuelle batterie, est justifiée par la charge propre du site.

Sources

Note réglementaire mensuelle

Un e-mail par mois sur les évolutions décidées par les régulateurs de l’énergie et les programmes de financement qui concernent les projets renouvelables en Afrique et au Moyen-Orient, avec leurs conséquences pratiques. Aucun contenu promotionnel.